jeudi 16 août 2012

Le Cambodge, c'est l'enculade.

Vraiment, nous n'aurions jamais pensé; associer ces deux mots, Cambodge et enculade.
Mais là, on nous y oblige.

Je me suis énervée trois fois au Cambodge. En trois jours. Et ceux qui me connaissent savent que ce n'est pas vraiment mon genre de (vraiment) me fâcher toute rouge pour rien.

L'enculade commence donc  dès que l'on passe la frontière. On nous dit que nous avons le droit à un trajet gratuit en "navette gouvernementale " jusqu'a la station de bus de Siem Reap. Ravies, nous montons dans ladite navette. Nous arrivons dans une espèce de hangar perdu en plein champs au milieu de nulle part. A l'intérieur, un bureau de change, une unique agence vendant billets de taxis/bus/minibus. Nous ne nous rendons pas immédiatement compte que c'est super louche (ça fait 24h qu'on voyage...). Nous changeons nos bahts et achetons, après moult agressions des différents chauffeurs, un billet pour un minibus qui ne partira que dans deux heures et s'il est rempli. Ouai ouai. Mais le taxi sinon c'était...40 DOLLARS. On a bien rigolé quand ils nous ont dit que c'etait le prix pour une personne.

En résumé: nous nous sentions vraiment comme enfermées dans un camp duquel nous ne pouvions sortir qu'en payant. Charmante ambiance.

Le minibus nous lache dans une rue entre deux hôtels. La le chauffeur se retourne vers nous et nous dit que nous avons le droit de nous faire emmener a nos hôtels gratuitement par les tuk tuk qui attendent. Nous montons dans l'un d'eux. Il y a un chauffeur et un mec qui monte avec nous derrière et qui commence a nous demander ce que l'on compte faire les prochains jours. Il nous propose de nous emmener dans les temples... je lui réponds que nous avons déjà un guide. Il m'annonce alors qu'il faudra payer le prix du voyage (ultra cher évidemment) puisqu'on ne l'emploie pas pour nos visites. Pas contentes, on décide de payer la moitié; voire pas du tout. Arrivées a l'hotel, la réceptionniste nous dit quel prix on peut négocier. Je leur donne leur argent en leur demandant si par hasard il y avait marqué "dumbass" sur nos fronts. Ils ne m'ont jamais répondu du coup je me demande vraiment si c'est le cas, vu la suite de nos aventures ici...

Au Cambodge, ils ont deux monnaies. Des dollars et des riels, la monnaie locale. Les deux sont utilisées ce qui rend tout achat particulièrement simple, comme vous pouvez l'imaginer.

Le deuxième point d'enculage concerne donc les prix. Tout est excessivement cher. C'est tout simplement scandaleux et tres difficile d'arriver ici et de devoir se restreindre a ce point pour tout, après ce que l'on a connu en Malaisie ou en Thaïlande. Exemple: en Malaisie on aurait payé un fried rice with chicken, plat basique (mais délicieux), 7 Rm. En Thaïlande, on aurait payé; 50 bahts. Ici,alors que la monnaie locale est moins forte que celles des deux pays précédents, on le paye 4,5 dollars. Sachant que 1rm = 3,8 euros = 10 bahts. Et tout est comme ça, hors de prix ! En gros ici on paye les choses quasiment 3 fois plus cher qu'en Malaisie et 4 fois plus qu'en Thaïlande.

Si l'accueil des cambodgiens etait remarquable, on oublierait ce pouvoir d'achat en berne. Le problème c'est que plus ça va et plus on est déçues. Aux abords des temples et dans la ville, nous ne semblons être pour les cambodgiens que des gros dollars sur pattes. Nous nous faisons agresser par des vendeurs a la sauvette adultes ou enfants a chaque pas. Sans interruption. Si le rapport avec l'argent biaise les relations en Thaïlande, au Cambodge nous avons l'impression qu'aucune autre relation que celle de consommateur/vache à lait à vendeur ne peut exister. C'est tres triste a vivre.

La nourriture n'est pas du tout exceptionnelle, en plus. J'ai du  renvoyer un plat pour la première fois de ma vie car tous les morceaux de poulet de mon assiette étaient plein de cartilage. Je me suis énervée pour la deuxième fois, frustrée que l'on me force a gueuler pour me faire entendre. Il y a eu d'autres aventures culinaires mais je vous en passe les détails.

Tout ça pour dire que nous avons vécu une groooosse déception cambodgienne. Bien sûr, nous avons vu des paysages fabuleux, des temples magnifiques (bien que quasiment pas restaurés et dépouillés de nombreuses statues qui ont été volées, malgré la somme modique de 40 dollars dont doit s'acquitter chaque touriste pour 3 jours de visite). Notre guide/chauffeur de tuk tuk etait adorable et notre hôtel génial.

Mais le reste. Tout ce qui fait qu'un voyage vaut la peine d'être vécu: les rencontres avec les habitants d'un pays qui nous est inconnu, les discussions, les découvertes culinaires, le sentiment d'etre les bienvenues ... nous ne l'avons pas trouvé au Cambodge. Ce pays, pour nous, sera synonyme d'intranquilité permanente. De sentiment d'étouffer dans un rôle qui n'est pas le notre: celui du touriste -consommateur, prêt a degainer sa bourse a la moindre sollicitation. Les seuls moments de paix auront ete ceux passés dans la piscine de l'hôtel, au petit déjeuner ou dans le tuk tuk en marche. Les seuls instants ou nous n'étions pas sollicitées. Triste constat.

Je ne suis pas prête de revenir au Cambodge et je ne conseillerais pas de venir ici, qui plus est sans guide papier. Nous n'en avions pas et nous aurions peut être pu déjouer quelques arnaques avec.

Bon mais vous en faites pas, on s'est quand même bien marées ici toutes les trois ;) (et puis je vous écris quand même en direct de notre petite piscine et les filles sont en train de se faire masser...!)

Hélène B.







3 commentaires:

  1. C'est avec grand étonnement que je lis votre commentaire sur votre périple dans les Temples d'Angkor... Connaissant bien ce pays et l'Asie, je ne peux m'empêcher de me révolter en lisant ces quelques lignes. Votre vision du Cambodge est bien triste... Êtes-vous allez ailleurs que dans les temples ( qui en effet comme vous le dites ont été pillé, mais malheureusement par des explorateurs français... cf musée Guimet).
    Cet endroit magnifique date, pour certains temples de plus de 20 siècles. Excusez donc à ce peuple ayant connu un génocide durant les années 70 l'état de conservation. Un génocide perpétué par un homme sur son propre peuple (voir Khmers rouge)... Et il y a de ça 20 ans une grande partie de ce site était rempli de champ de mines.
    Pour une cinquantaine de $ le pass pour 3 jours, je trouve que le prix n'est même pas assez élevé pour un tel site. Arrêtons notre comportement égoïste et préservons des sites exceptionnels comme celui-ci.
    Le site d'Angkor et le seul endroit touristique de ce magnifique pays, et les touristes l'un des rares revenus financier... D'ou le harcèlement, mais dans ce cas je vous déconseille de voyager dans les pays du tier-monde, le tableau est malheureusement le même partout.
    Et concernant les "arnaques", il est de coutume dans les pays étrangers que le touriste soit le pigeon aux oeufs d'or. Et nous revenons à la base du commerce, ce qu'on appelle la négociation, mais il est vrai qu'il n'est pas coutume de le faire dans nos pays "civilisés".

    Je vous accorde une chose, en effet la nourriture est bien moins chère en Thaïlande ( et bien meilleure) et en Malaisie... Mais parler de "pouvoir d'achat en berne" pour un repas à 4$... Il est vrai, mieux vaut boire un petit café dans un bistro parisien avec vu sur la Tour Eiffel...

    Et si vous aviez échangé avec les gens autour de vous, peut-être aurait-il pu vous expliquez leur quotidien, une journée en Tuk-Tuk coûte 20$, avez-vous regardé le prix de l'essence ? Il est le même qu'en Europe.

    La vie de ces gens est tout sauf simple, et ils ont une chose qui n'a pas de prix, le sourire !

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    1. Très cher commentateur anonyme,

      Je vais tenter de vous répondre pour mieux vous faire comprendre notre point de vue, qui apparemment n’est pas très bien passé.

      Tout d’abord, listons les points sur lesquels nos deux pensées se rejoignent.
      « Votre vision du Cambodge est bien triste ». Ah ça pour être triste, elle l’est. C’est écrit noir sur blanc au paragraphe 8. Je peux vous assurer que nous étions bien tristes en le quittant.
      Je me permets ici de préciser que nous ne sommes restées que dans les environs d’Angkor dans la partie Cambodge de notre périple. Ça n’est pas dit dans le post, mais l’information est certainement présente ailleurs dans le blog. Cela étant dit, nous ne nous sommes pas contentées des seules visites de temples, rien que parce que cela nous semblait monotone, et nous ne voulions pas risquer de nous lasser de voir de si extraordinaires monuments. Nous avons donc également profité, grâce à notre guide/chauffeur de tuk-tuk qui nous a accompagnées pendant nos 4 jours sur place, de petites excursions dans la campagne environnante, ainsi que d’une visite de villages de pêcheurs et de la mangrove environnante. C’était tout simplement magique, les paysages sont absolument époustouflants, et nous sommes devenues de grandes fans du déplacement en tuk-tuk, comme c’est dit dans le post.

      Voilà, passons sans plus attendre aux points de désaccord, car ils sont malheureusement nombreux.

      Commençons par votre remarque sur les pilleurs. Tout d’abord, je me fiche pas mal de savoir qu’elle est la nationalité inscrite sur le passeport d’un pilleur de monument. Le constat était simplement le suivant : les temples sont pillés, c’est révoltant. Ensuite, puisque nous avons malgré tout réussi à communiquer avec quelques personnes, dont notre guide, nous avons appris que les temples sont encore aujourd’hui régulièrement pillés. Par qui, je m’en bat l’œil, mais le fait est qu’il le sont. Le fait est, également, que nous avons pu constater par nous même, lors des visites, que les temples ne semblent pas toujours gardés avec une grande efficacité. Il faut donc nous excuser si nos esprits ont immédiatement fait le lien avec le prix à payer pour obtenir le sésame donnant accès aux dits temples.

      Justement, parlons-en, du prix du pass, et du prix des choses en général à Siem Reap.
      Que le prix du pass ne vous semble pas assez élevé, c’est une chose. Qu’il soit en réalité plutôt élevé pour des bourses de voyageuses ne roulant pas sur l’or, c’en est une autre, et c’est ce que dit le post. On pourrait évidemment prendre la chose de façon philosophico-éthique, du style « ces pierres n’ont pas de prix », mais nous n’avions pas pour but d’écrire une thèse sur la valeur des œuvres de l’humanité. Nous voyageons, ergo nous payons, ergo nous nous plaignons du prix lorsqu’il est élevé. Vous nous pardonnerez notre bassesse d’esprit.
      Je pourrais également m’engager sur la voie de l’éternelle question : faut-il autoriser le plus grand nombre à voir ces merveilles du passé, et donc risquer une dégradation plus rapide, notamment parce que le prix payé à l’entrée n’est pas assez élevé, ou faut-il établir un prix exorbitant qui certes permet une protection accrue, mais limite la jouissance du bien à une élite restreinte ? Sachant qu’il est difficile d’éveiller chez les gens une conscience en vue de la protection de ce genre de monument, sans leur en permettre l’accès par exemple par un prix trop élevé. Mais je m’éloigne, puisque le prix nous l’avons payé, et les biens nous en avons joui. C’est ça le problème avec ce genre de position généraliste du style « le prix n’est jamais assez élevé » : on s’éloigne vite du sujet.

      [la suite dans le prochain commentaire]

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    2. [suite]

      Alors qu’il y a tant d’autres choses à dire. Le coût de la vie à Siem Reap disions-nous : elle est incroyablement cher. C’est un fait, et ce, malgré son statut de pays en développement. Je vois mal comment vous pouvez nous reprocher d’établir un fait si incontestable. Oui, notre pouvoir d’achat (c’est comme ça que ça s’appelle non ? je suis nulle en vocabulaire économique désolée) de touriste a dégringolé sur le chemin Bangkok / Siem Reap. Je l’affirme haut et fort, je n’en démordrai pas, et ce malgré toute votre verve.
      Vous l’admettrez, il y a quand même un malaise lorsqu’il faut payer une même chose 4 fois plus cher en passant d’un pays dit développé tel que la Thaïlande à un pays dit en développement tel que le Cambodge ? Oui ou non ? J’ai raison ou j’ai pas raison ? (la référence est Dikkenek, un très joli film plein d’humour, je vous le recommande)
      Alors après, c’est vrai, peut-être que vous ça ne vous fait rien de payer la même chose dans un resto au Cambodge et dans un bistro avec vue sur la tour Eiffel (jamais fait, c’est sympa ? vous recommandez ? je prends note pour plus tard, quand j'aurai de quoi me l'offrir), mais moi je dis que y a un problème. Il s’agit d’un problème relatif, et non absolu. C’est ainsi qu’est perçu l’argent sur notre planète au fait, de façon relative. Et ça aussi je le clame haut et fort, etc.

      J’ai encore peu voyagé dans des pays estampillés 'en développement'.
      J’espère en tout cas que la situation n’est pas partout similaire comme vous le suggérez, notamment en ce qui concerne le contact avec la population. Peut-être que le post n’était pas clair, mais c’est justement cela que nous recherchions, c’est ce genre d’expérience qui pour nous fait la richesse d’un voyage.
      Ce genre de choses, nous l’avions expérimenté en Malaisie, et dans une moindre mesure en Thaïlande. C’est ce que nous espérions retrouver au Cambodge, et qui nous a gravement fait défaut (d’où notre tristesse). Le sourire des cambodgiens j’étais prête à le recevoir, et à le rendre au centuple. Mais eux n’étaient prêts à nous l’offrir qu’en échange d’argent. Ben oui mais désolée, déjà je vois pas l’intérêt d’acheter une canette de Coca à tout le monde, ensuite j’ai pas assez d’argent pour ça. Bien entendu, le touriste a une sorte de devoir inconscient de dépenser dans le pays qu’il visite, un donné pour un rendu, mais ce prix nous le payons déjà en y venant, en y vivant et mangeant et buvant normalement, et en y achetant des souvenirs avec le surplus qui reste. Au-delà, moi je veux un peu d’humain, ne serait-ce que parce que mon argent à moi a une fin, malheureusement.

      Une dernière remarque, concernant vos multiples généralités faisant allusion aux pays développés – les méchants « civilisés » – contre les pays pauvres ayant vécu des traumatismes, il est vrai terribles, dans un passé pas si lointain. Je n’ai qu’une chose à dire : je vois pas le rapport. Il s’agissait ici d’un post concernant notre expérience personnelle du Cambodge, enfin d’Angkor. La conclusion ? C’est pas terrible pour les touristes. Allez-y, justifiez-moi ça par un génocide et une junte au pouvoir depuis 30 ans, c’est totalement approprié.

      Amicalement votre,

      Hélène, Hélène et Diane.

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