“Pierre Loti débarque à Saïgon, en Indochine Française, en 1901, et se rend directement à Angkor en remontant le Mékong ; il voyage sur embarcation locale au milieu des marabouts et pélicans, en humant le parfum des forêts denses et inextricables fleuries de roses surprenantes.
En cinq jours de navigation, il accomplit le pèlerinage rêvé et il atteint Siem Reap, la ville abritant les temples d’Angkor.
Il va rester quatre jours pleins à s’enivrer des blocs cyclopéens des basiliques-fantômes, à observer les étangs encombrés de roseaux et nénuphars, à franchir les enceintes, à contempler le surgissement de tourelles, de têtes de cobras sacrés, à s’émerveiller des vestiges de la civilisation Khmère et surtout à atteindre les célébrissimes tours aux quatre visages du site du Bayon,
Eveillé à l’aube « par le crescendo matinal des psalmodies », il se perd dans les galeries aux sonorités de caveaux que décorent à perte de vue des bas-reliefs de batailles.
Pierre Loti décrit ce qu’il observe avec une profondeur infinie et il sait à la fois émouvoir son lecteur et lui donner envie d’envisager de suivre ses pas, mais surtout il ne se positionne pas en Européen dominateur mais comme un Homme Simple, subjugué par la beauté de sites et par l’attrait des mélancolies permanentes des sculptures « à la magnificence terrible enchevêtrée par l’inextricable enlacement des racines et des tentacules de figuiers de ruine ».
Un texte magnifique, que l’on se doit de lire à haute voix, comme dans le « Gueuloir » de Flaubert, qui a ouvert la naissance d’Angkor à la littérature Occidentale et qui aujourd’hui encore conserve une saveur inégalée pour y effectuer un pèlerinage.
(Critique parue sur le blog L’Express Les 8 plûmes, le 9 novembre 2011)
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